• Le réchauffement est déjà une réalité en Afrique

    Objet de nombreux débats en Europe et en Amérique, le réchauffement est déjà une réalité en Afrique. En 2006, la Corne de l'Afrique (Ethiopie, Kenya, Somalie) a été affectée par des pluies historiques. Conjuguées à la déforestation, qui facilite le ruissellement des eaux et l'engorgement des fleuves, les inondations ont forcé des centaines de milliers de personnes à se déplacer. «Dans la zone australe de l'Afrique, des régions traditionnellement exportatrices de céréales ont connu des sécheresses telles qu'elles ont dû demander de l'aide alimentaire», souligne Jacques Diouf, directeur général de la FAO (organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation). «S'il y a une augmentation de température à l'échelle du globe, elle sera doublée au niveau de l'Afrique, puisque les continents se réchaufferont davantage que les océans, explique Marie-Christine Dufrenes, assistante technique de la coopération française au Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD). Et l'Afrique est en première ligne. Comme beaucoup de pays sont très pauvres et sensibles à l'influence du climat sur l'agriculture et les ressources en eau, ça risque d'être catastrophique.» Au sud du Sahara, 330 millions de personnes se trouvent dans une extrême pauvreté, 70 % de la population vit de l'agriculture de subsistance. Selon la FAO, les superficies cultivées vulnérables vont passer de 50 à 90 millions d'hectares. Rien d'inéluctable pourtant, à condition de lancer des programmes d'irrigation. C'est sur la responsabilité internationale qu'insistent les chefs d'Etat africains. Pour eux, les pays riches doivent baisser leurs émissions de gaz à effet de serre, ratifier le protocole de Kyoto, et appliquer le principe pollueur-payeur. Plus vulnérable que les autres au réchauffement, l'Afrique est aussi le continent le moins pollueur de la planète. «Même s'il y a, de temps en temps, une exploitation excessive, l'Afrique a bien préservé ses forêts naturelles», estime le président de la Banque mondiale, Donald Kaberuka. «Tout le monde reconnaît qu'avec nos forêts nous contribuons de façon positive à la planète.»

    Libération Virginie GOMEZ mardi 20 février 2007

    http://www.liberation.fr/


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